Elle ne comprenait pas ce qui se passait avec les garçons.
C'était toujours la même histoire. Elle les aimait quand ils étaient loin. Muets. Mais dès qu'ils se rapprochaient, c'était terrible. Le pire, c'est quand ils disaient : "Je t'aime."
[...] Elle ne voulait pas de cette haine.
Elle voulait qu'on l'aime. De toutes ses forces. Elle s'endormait en revant à un mari, à des enfants, un toit de chaume et du Van Houten le matin au petit déjeuner. C'est ça que tu veux. Alors fais un effort, ma vieille. Elle s'exhortait en regardant ses pieds. Domine-toi. C'est quand même pas une injure, "Je t'aime". Quand même pas une infamie qu'on remette sa vie entre tes mains...Qu'on te dise que tu es le bout du monde.
Elle écoutait, en serrant les mâchoires, l'autre lui dire et redire son amour, faire des projets, s'attendrir sur des bébés. Choisir l'étage, la toile cirée, le quartier, la marque de la télé. Elle patientait. Elle patientait. Elle maitrisait son corps qui se raidissait. Se laissait embrasser. Répétait les gestes de l'amour, les mots de l'amour, mais elle ne sentait rien. Plus rien. Elle faisait de son mieux pour ressentir quelque chose: elle se disait qu'il ne l'aimait pas, qu'il mentait, qu'il allait la quitter, la battre, la livrer au premier venu. L'homme cessait alors d'être familier, reculait de trois pas, devenait un étranger, et le sang chaud recommençait à bouillir dans ses veines...
Mais ça ne marchait pas toujours. Il la regardait avec trop d'amour... Disait trop de mots. Elle ne voulait pas abandonner si vite. Elle se répétait que c'était juste un moment à passer, après ça irait mieux...
Après j'accepterai. Les mots d'amour et les projets. Sans ricaner.
Elle patientait.
Et pui, un beau jour, sous un pretexte ou un autre, elle s'éloignait et ne revenait plus jamais.
Plus jamais.
Débarassée.
Elle gambadait. Allégée d'un poids insupportable.
C'était toujours la même histoire. Elle les aimait quand ils étaient loin. Muets. Mais dès qu'ils se rapprochaient, c'était terrible. Le pire, c'est quand ils disaient : "Je t'aime."
[...] Elle ne voulait pas de cette haine.
Elle voulait qu'on l'aime. De toutes ses forces. Elle s'endormait en revant à un mari, à des enfants, un toit de chaume et du Van Houten le matin au petit déjeuner. C'est ça que tu veux. Alors fais un effort, ma vieille. Elle s'exhortait en regardant ses pieds. Domine-toi. C'est quand même pas une injure, "Je t'aime". Quand même pas une infamie qu'on remette sa vie entre tes mains...Qu'on te dise que tu es le bout du monde.
Elle écoutait, en serrant les mâchoires, l'autre lui dire et redire son amour, faire des projets, s'attendrir sur des bébés. Choisir l'étage, la toile cirée, le quartier, la marque de la télé. Elle patientait. Elle patientait. Elle maitrisait son corps qui se raidissait. Se laissait embrasser. Répétait les gestes de l'amour, les mots de l'amour, mais elle ne sentait rien. Plus rien. Elle faisait de son mieux pour ressentir quelque chose: elle se disait qu'il ne l'aimait pas, qu'il mentait, qu'il allait la quitter, la battre, la livrer au premier venu. L'homme cessait alors d'être familier, reculait de trois pas, devenait un étranger, et le sang chaud recommençait à bouillir dans ses veines...
Mais ça ne marchait pas toujours. Il la regardait avec trop d'amour... Disait trop de mots. Elle ne voulait pas abandonner si vite. Elle se répétait que c'était juste un moment à passer, après ça irait mieux...
Après j'accepterai. Les mots d'amour et les projets. Sans ricaner.
Elle patientait.
Et pui, un beau jour, sous un pretexte ou un autre, elle s'éloignait et ne revenait plus jamais.
Plus jamais.
Débarassée.
Elle gambadait. Allégée d'un poids insupportable.
"Les hommes cruels ne courent pas les rues", Katherine Pancol
Tres beau texte =)
RépondreSupprimerQui bizarement ( ou malheureusement) prend beaucoup de sens pour moi !
Il faut que tu me mettes au courant de toute tes petites news, la derniere fois on s'est loupée...
Bisou
Et moi donc ! J'aurai pu l'écrire ce passage (si j'avais su si bien écrire)...
RépondreSupprimerOui il faut qu'on se voit très vite!
Je ne me reconnais pas du tout là-dedans, contrairement à vous les filles, mais je vous approuve sur le fait que c'est très bien écrit. Ca me donne envie de lire tout le roman ;)
RépondreSupprimerBah je me fais la bibliographie de Katherine Pancol en ce moment, et je dois dire que j'adore !
RépondreSupprimerA la fois son style, mais aussi ce qu'elle raconte.. C'est pas la première fois que je me reconnais dans ce qu'elle écrit...
Si tu as envie de la lire, je te conseille celui-ci (Les hommes cruels ne courent pas les rues) ou Scarlett si possible, ou encore Embrassez moi.